Dans quel esprit souhaitez-vous travailler avec le Cetim ?

Le Cetim, co-fondateur de Mecallians, est un vecteur important de diffusion et de transfert technologique grâce à sa proximité avec les entreprises de la mécanique. En tant que commissaire du Gouvernement du Cetim, je suis très attachée au développement d’actions à fort impact sur les PME et à la mise en œuvre de synergies entre acteurs de l’écosystème pour mieux répondre aux besoins des entreprises. Cela fait partie des missions que Thomas Courbe, directeur général des Entreprises, m’a confiées.

La mission de la DGE est d’accompagner le développement, d’accélérer l’innovation et d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises. C’est également l’ambition de Mecallians ; unir les compétences de la FIM, du Cetim et de l’Union de normalisation de la mécanique est donc exemplaire. Le prochain contrat d’objectifs et de performance 2024-2027 permettra de renouveler les engagements entre l’État et le Cetim pour renforcer son action en faveur de la transition écologique et énergétique (TEE), de la transformation numérique des entreprises et de la souveraineté industrielle.

Les exigences de la TEE et de la relance des filières souveraines créent un appel d’air pour des actions transverses dans des domaines comme les matériaux. Quelle place la DGE leur accorde-t-elle ?

Les politiques publiques portées par la DGE sont imprégnées de la double ambition d’accompagnement des entreprises dans leur transition écologique et vers l’autonomie stratégique. Ainsi avons-nous activement participé au projet de loi Industrie verte porté par Bruno Le Maire, qui prévoit des actions transverses de simplification réglementaire au service de la réindustrialisation, applicables à tous les domaines, dont les matériaux.

D’un point de vue financier, France 2030 prévoit une enveloppe de 2 milliards d’euros pour réduire la dépendance à l’importation de matériaux en soutenant des projets d’innovation et d’industrialisation de plastiques, métaux, bois sur le territoire, y compris via le recyclage. D’autres leviers, comme le crédit d’impôt industrie verte, amplifieront le soutien aux projets de relocalisation de la production de métaux en France.

La montée en puissance du numérique dans l’industrie exige une hybridation des compétences. Est-ce un sujet pour la DGE ?

Évidemment. Le nombre de postes à pourvoir dans l’industrie du futur devrait doubler d’ici trois ans. La montée en puissance du numérique nécessite une nouvelle réflexion sur les métiers avec une montée et une hybridation des compétences sur de multiples domaines technologiques, essentielles pour rendre ces procédés et outils accessibles aux PME et aux ETI. Dans le cadre de l’AMI Compétences et métiers d’avenir de France 2030, une fiche thématique sur l’industrie du futur facilite la prise en charge financière de formations aux nouvelles technologies et procédés.

De manière générale, nous portons, avec Roland Lescure, une attention particulière aux enjeux de compétences et métiers dans l’industrie. À ce titre, depuis 2011, nous organisons chaque année la Semaine de l’industrie, dont l’édition 2023 vient de se tenir et a été un succès, pour susciter des vocations chez les plus jeunes, valoriser les formations et carrières et accroître l’attractivité de l’industrie.

Après votre initiative destinée à pousser l’usage de la 5G par les industriels, réfléchissez-vous à une action semblable sur d’autres sujets ?

Bien sûr. Sur le jumeau numérique, nous soutenons les fournisseurs de solutions émergents en phase de recherche amont ou en voie d’industrialisation dans le cadre du volet robotique et machines intelligentes de France 2030. Cela s’inscrit dans la stratégie française en faveur de la numérisation de l’industrie en cours de déploiement, avec un dispositif de soutien aux robots et aux équipements innovants opéré par Bpifrance et piloté par la DGE, et un dispositif de transfert technologique « Défi Transfert » porté par l’ANR.

Propos recueillis par Christophe Duprez.

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